Ermite

.
Moins de feuilles, plus d’étoiles
papillotent dans les arbres.
Le rameau de la vie
intérieur a forci.

Les racines de la beauté cachée
boivent longuement aux eaux de l’âme.
Réconciliée et condensée scintille
la tristesse de la solitude, le fruit du désir,

la maison blanche du renoncement
avec ses murs de givre là haut.
Le fouet de l’hiver et ses nœuds d’étoiles dans les ténèbres
me force à entrer.
.
.
(1936)
.
.
*


Les collines sont chauves,
la neige brûle.
Dans le ciel se pourchassent
comme des putois les étoiles jaillissantes.

L’ombre se serre contre la maison,
gémit en cachette.
Les lèvres des vergers et des jardins
bleuissent.

Nuit glaciale, claire,
nuit des rois.
Qui le peux, lis, étonné,
les paroles ardentes.


(1955)


Bohuslav Reynek (1892-1971), Conférence
[Traduit par Paul Guillon et Klára Jelínková, ici]
.
.
*
.
Bohuslav Reynek, un ermite dans sa demeure
.
.

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire

Remarque : Seul un membre de ce blog est autorisé à enregistrer un commentaire.